-A +A
Partager sur Facebook
TENDANCES INFIRMIÈRES

TENDANCES INFIRMIÈRES

Étudiants Du collégiaL au Sénégal : quand l’expérience humanitaire inspire l’autonomie professionnelle…

En janvier dernier, soutenues et préparées par l’organisme Infirmières et infirmiers sans frontières, nous avons accompagné sept étudiants de notre collège, le Cégep de Saint-Félicien, dans un stage humanitaire au Sénégal. Situé dans la brousse, le poste de santé de Thiaré est une petite clinique fort rudimentaire. Un infirmier y coordonne les activités et travaille avec une sage-femme, 3 matrones (accoucheuses traditionnelles), un jeune assistant infirmier et quelques personnes formées sur place pour accomplir différentes tâches (inscription, pansements, injections et vaccination).

À notre arrivée, une petite visite à pied dans le village informe rapidement la population de notre présence et lui annonce l’arrivée de médicaments, de fournitures et de personnel supplémentaire au centre de santé. Cette visite nous sensibilise également aux conditions sanitaires de la population.

Faute de médecins, nos étudiants et nous sommes préparés à intégrer un rôle infirmier « élargi ». Munis des documents et des procédures publiés par l’organisation Médecins sans frontières, nous sommes très conscients et même anxieux concernant la grande responsabilité que nous devons assumer. À l’évaluation, qui est pour nous une tâche familière, s’ajoutent les rôles suivants : identifier des hypothèses de diagnostics médicaux, effectuer les TDR disponibles (tests de dépistage rapides) et prescrire les traitements requis. Une fois que ces étapes sont terminées, nous devons utiliser la médication disponible et valider nos orientations auprès de l’infirmier présent. L’adaptation de notre groupe à cette nouvelle réalité professionnelle se fait graduellement et elle est soutenue par la supervision de l’infirmier.

Contrairement à la belle autonomie professionnelle que nous avons chez nous, l’impuissance ressentie devant les limites matérielles de la clinique, les limites financières des personnes dans le besoin et certaines réalités culturelles sont beaucoup plus difficiles à accepter. Quel contraste que notre facilité d’accès aux soins, l’abondance de nos pharmacies et leur réalité! La condition des installations et du matériel disponible est déconcertante. Nos pratiques et valeurs sont plus d’une fois ébranlées.

Heureusement pour nous, il a été possible de traiter la grande majorité des situations cliniques rencontrées (infections respiratoires, diarrhées et vomissements, déshydratations, paludisme, parasites intestinaux et plaies superficielles). À tour de rôle, les étudiants ont eu la chance de participer aux activités de vaccination, aux cliniques de la sage-femme et à des accouchements. La proximité de l’école primaire a permis au groupe d’effectuer des activités d’enseignement.

Cette expérience humanitaire s’est avérée un excellent tremplin éducatif et professionnel. Elle a ancré l’importance d’une solide formation, d’une bonne évaluation, d’un jugement clinique sûr et du soutien indispensable d’outils de référence appropriés. Elle a également permis une réflexion chez nos jeunes concernant le potentiel de la profession infirmière. L’autonomie professionnelle, la valorisation des rôles infirmiers et le droit de prescrire semblent un peu plus concrets, plus accessibles. Entendre nos étudiants exprimer leur intérêt à poursuivre leur formation à l’université et leur envie de revivre ce type de voyage nous confirme le succès de cette grande aventure. Enfin, nous nous estimons très choyées d’avoir effectué ce stage humanitaire et nous recommandons cette aventure à tous nos futurs étudiants.

« Humanitairement » vôtre, Josée Ouellet et Guylaine Harvey
Enseignantes au département de soins infirmiers du Cégep de St-Félicien

Voici le groupe du programme de soins infirmiers du Cégep de St-Félicien, devant le poste de santé de Thiaré, au Sénégal. (De gauche à droite) À l’arrière : Johany Marceau, Stéphanie Boudreault, Sarah Bollini, Audrey-Ann Bouchard et Mathieu Laroche. À l’avant : Marie-Edvine Jacobsen, Guylaine Harvey (enseignante), Josée Ouellet (enseignante) et Audrey-Ann Bouchard.

Recherche

Mots clés

TD