-A +A
Partager sur Facebook
ACTUALITÉS RÉGIONALES

ACTUALITÉS RÉGIONALES

Implantation du Projet sommeil en CHSLD, 3 ans déjà!

C’est avec le soutien essentiel de l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales (ASSTASS) que le projet a pu voir le jour dans les deux CHSLD du secteur Maria-Chapdelaine au nord du Lac-Saint-Jean.

C’est en septembre 2014 qu’a débuté le projet sommeil pour le Centre d’hébergement de Dolbeau-Mistassini (l’Oasis) et en avril 2015 pour le Centre d’hébergement de Normandin.

Qu’est-ce que le « projet sommeil »?

Plusieurs personnes âgées se plaignent de la qualité de leur sommeil, et la proportion est augmentée considérablement en institution. Pour récupérer sur les plans physique et psychologique, le sommeil est d’une importance cruciale. Plus particulièrement chez la personne âgée, le sommeil est moins profond, moins long et de moindre qualité. Les conséquences du manque de sommeil sont considérables sur plusieurs points :

  • fatigue accrue;
  • réduction de la vigilance;
  • risque de chute accru;
  • altération des fonctions cognitives;
  • troubles endocriniens et du système nerveux autonome;
  • troubles cardiovasculaires;
  • irritabilité, impatience;
  • diminution de la tolérance à la douleur;
  • vulnérabilité aux infections et aux autres maladies.

Différentes statistiques présentées par l’ASSTSAS démontrent que les soins d’incontinence et de positionnement sont les principales causes du réveil nocturne chez les résidents incontinents. De plus, 87 % des résidents restent réveillés à la suite d’un changement de culotte d’incontinence ou d’un repositionnement au lit. Des démonstrations ont été faites aussi que le fait d’être mouillé n’a vraisemblablement pas d’incidence négative sur la qualité ou la quantité de sommeil.

Les avantages d’un sommeil de qualité

Donc, un résident qui dort bien sera :

  • plus calme;
  • plus coopératif;
  • mieux orienté;
  • moins agressif;
  • moins assujetti aux infections et aux maladies;
  • plus apte à utiliser ses capacités physiques et cognitives;
  • plus autonome.

Un scénario gagnant

Tout ça aura forcément un impact direct sur la santé et la sécurité du personnel, notamment en diminuant :

  • la charge de travail;
  • la quantité de stress;
  • les risques d’agression;
  • les problèmes de santé psychologique;
  • les efforts physiques.

Des mythes et croyances démystifiés

Toujours sous les conseils de l’ASSTSAS, un comité a été formé dans chacun des deux établissements afin d’encadrer la réalisation du projet. Le personnel a dû lutter contre de nombreuses croyances concernant le sommeil et la pertinence de changer la culotte d’incontinence et de repositionner les résidents pendant la nuit. Il s’agissait d’un changement majeur dans les habitudes des travailleurs de nuit. Ainsi, chaque situation a dû être évaluée individuellement afin de déterminer si un réveil nocturne était nécessaire ou non en tenant compte de la volonté exprimée par le résident ou son représentant, ses habitudes et sa condition particulière de santé.

Des possibilités sur mesure

Toutes les solutions possibles ont été analysées afin de respecter le choix du résident ou de ses proches. Des matelas préventifs ont été installés dans certains cas ainsi que des coussins de dispersion pour les points de pression. L’utilisation des crèmes barrière pour l’incontinence a été révisée ainsi que la prise de mesures adéquates des culottes protectrices et leur utilisation, entre autres.

Le patient, au centre des préoccupations

Une révision des processus de travail, des routines et des habitudes a aussi été effectuée par le personnel. Un travail extraordinaire de collaboration au sein des travailleurs a été nécessaire. Les familles ont été avisées, impliquées et soutenues aussi tout au long de l’implantation du projet, dans le respect de la philosophie du milieu de vie en mettant le résident au centre des préoccupations. Il va sans dire que la santé des résidents n’a jamais été mise à risque dans ce projet. Des visites de surveillance sous forme de tournée visuelle sont faites toutes les heures et les résidents ont les soins requis selon leur état de santé, leur demande et s’ils se réveillent par eux-mêmes pendant la nuit.

Un suivi rigoureux

Des indicateurs ont été suivis rigoureusement dans les premiers mois de l’implantation du projet afin de s’assurer que tout se déroulait comme prévu. Par exemple, un suivi des rougeurs et des plaies de pression a été effectué dans les deux CHSLD pendant les six premiers mois suivant l’implantation du projet et une diminution du nombre total de rougeurs et de plaies (de 12 % à 29 %) était notable pour les deux CHSLD. De plus, une amélioration a été constatée dans la période de suivi concernant le nombre d’agressions envers le personnel ainsi qu’entre les résidents.

Un bel exemple de collaboration

Il va sans dire que l’implication de tous les travailleurs, leur collaboration et celle des résidents et de leurs proches, des gestionnaires ainsi que la formation des nouveaux employés font partie des éléments essentiels à la réussite et à la pérennité de ce beau projet. Espérons que plus de projets de ce genre naîtront dans les autres établissements de la région.

Pour de plus amples informations ou pour obtenir de l’aide pour l’implantation du projet sommeil dans vos établissements, veuillez communiquer directement avec l’ASSTSAS.

» Consultez le site Web de l’ASSTSAS

 

Bon sommeil (chut! On dort!)

 

Annick Simard
Infirmière clinicienne au centre d’hébergement de Dolbeau-Mistassini et de Normandin
Membre du Conseil de section de l’ORIISLSJNQ et responsable du Cyberjournal

 


Référence

Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur affaires sociales. (2011). Guide pour l’implantation du projet sommeil. Document inédit.

Recherche

Mots clés

TD