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COMITÉ JEUNESSE

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« Juste une infirmière » ou « Je suis infirmière »? Le sentiment d’appartenance de la relève

Jérémie Beaudin
Jérémie Beaudin

Le 15 février dernier, le Comité jeunesse régional s'est réuni pour une première fois avec les nouveaux membres entrants. Plusieurs postes, plusieurs nominations, plusieurs points à l'ordre du jour, pendant plusieurs heures… mais, surtout, plusieurs idées! Formé de membres aux expériences diverses, le CJ amorçait la nouvelle année avec de nouveaux mandats :

  1. Prendre position sur les enjeux de la profession qui concernent particulièrement les jeunes infirmières et infirmiers de la région;
  2. Faciliter l'intégration des jeunes à la profession.

Bien qu’ils apparaissent simples de prime abord, ces mandats se décortiquent en quelques objectifs plus complexes. Cela dit, comment y arrive-t-on?

Un objectif en particulier m'a fait glisser vers d'autres questions fondamentales, mais nécessaires. Il s’agit de : favoriser le leadership infirmier et l'appropriation du champ d'exercice.

À vous qui lisez ces lignes, infirmières et infirmiers de tous les milieux, comment peut-on favoriser le développement du leadership infirmier et l'appropriation d'un rôle vaste chez la relève infirmière? C'est un peu le point central de ma chronique jeunesse de cette publication.

Identité professionnelle

À mes yeux, ces éléments me font penser à l'identité professionnelle d'une infirmière ou d’un infirmier. Mais, nous avons tous été, à un certain moment, une nouvelle recrue. Qu'est-ce qui vous a aidés à ce moment? Il semble logique que l'identité professionnelle soit formée de plusieurs éléments (Larouche, 2012) et qu'un sentiment d'appartenance à sa profession et son milieu de travail pourrait aider à bâtir cette identité. Éternel curieux que je suis, j'ai fait une petite revue de la littérature sur le sentiment d'appartenance en soins infirmiers afin d'en apprendre un peu plus sur la chose…

Qu'est-ce que le sentiment d'appartenance?

Brièvement, c'est le sentiment de se sentir accepté, utile et de se sentir à sa place. En fait, c'est un facteur important lié à l'attachement et à la connectivité sociale. De plus, il est déterminant pour la motivation et la réussite scolaire. D'ailleurs, les bienfaits du sentiment d'appartenance semblent multiples : sentiment de bien-être, développement cognitif, diminution du stress, amélioration de la confiance en soi et des performances scolaires.

À ce sujet, deux études ont attiré mon attention. La première étude a établi une corrélation négative entre le sentiment d'appartenance et le stress perçu (Grobecker, 2016). Autrement dit, plus le sentiment d'appartenance était élevé, moins les étudiantes et les étudiants étaient stressés. L'autre étude nous mentionne pour sa part qu'il y a une forte corrélation positive entre le sentiment d'appartenance et la satisfaction des infirmières et des infirmiers dans leur milieu de travail (Borrott, Day, Sedgwick et Levett-Jones, 2016). Selon Thomson, Docherty et Duffy (2017), un mentorat impliquant davantage les étudiantes et les étudiants aurait plusieurs bienfaits, dont un meilleur sentiment d'appartenance.

Bien avant de faire ces recherches, il semblait logique que ces concepts soient interreliés, mais il est toujours intéressant de voir qu'il existe des études sur le sujet pour appuyer ces hypothèses!

Que fait-on de cette information?

Loin d'avoir la grande vérité, je crois qu'il est du rôle de tout un chacun d'entretenir son sentiment d'appartenance et son identité professionnelle. Voilà donc quelques pistes :

  • L'attitude fait toute la différence : positivisme, ouverture, entraide, etc. Tout le monde y gagne littéralement. Prenez garde : des futilités pour les uns peuvent être graves pour les autres.
  • S'engager au travail et dans son milieu : autant pour la relève que pour les mentors, une pourra entraîner l'autre.
  • Se sentir concerné et porteur de changement : impliquez-vous, c’est valorisant et on y prend goût!
  • À petite comme à grande échelle : faire les efforts d'intégration de la relève est un devoir individuel qui appartient à tous, mais où les bénéfices seront collectifs.
  • Soyez fières et fiers : comme il est écrit dans le titre, vous n'êtes pas « juste des infirmières ». Soyez fières d'être infirmières et fiers d’être des infirmiers. Cela aura un impact positif en tous points.
  • Allez de l’avant avec vos idées et vos projets : des idées novatrices? Un Comité de la relève infirmière (CRI)? Et oui, pourquoi pas? (Rassy, 2017).

Bien entendu, cette liste non exhaustive pourrait compter bien d'autres pistes de solutions. En fait, il est important de considérer que la relève infirmière assurera à son tour son rôle de mentor et qu'entretenir une culture de leadership et un sentiment d'appartenance est primordial. Pour sa part, le CJ poursuivra ses mandats et travaillera sur ces aspects critiques pour la relève.

Et vous, comment contribuerez-vous à soutenir la relève infirmière en ce sens?

 

Jérémie Beaudin, inf., B. Sc.
Responsable des publications du CJORIISLSJ-NQ
 


Références

Borrott, N., Day, G. E., Sedgwick, M., et Levett-Jones, T. (2016). Nursing students' belongingness and workplace satisfaction: Quantitative findings of a mixed methods study. Nurse Education Today, 45, 29-34. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.nedt.2016.06.005

Grobecker, P. A. (2016). A sense of belonging and perceived stress among baccalaureate nursing students in clinical placements. Nurse Education Today, 36, 178-183. doi:http://dx.doi.org/10.1016/j.nedt.2015.09.015

Larouche, C. (2012, mai). Le développement de l'identité professionnelle des infirmières : une réponse aux défis. Communication présentée au Colloque des CII-CIR, Montréal, Québec. Repéré à https://www.oiiq.org/sites/default/files/uploads/pdf/evenements/colloque_cii_2012/P16_CLarouche.pdf

Rassy, J. (2017). Connaissez-vous les CRI? Testez vos connaissances! Repéré à https://www.oiiq.org/connaissez-vous-les-cri-testez-vos-connaissances-

Thomson, R., Docherty, A., et Duffy, R. (2017). Nursing students' experiences of mentorship in their final placement. British Journal of Nursing, 26(9), 514-521. doi:http://dx.doi.org/10.12968/bjon.2017.26.9.514

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